Indepéndance des ondes
[ Sandrine Griffon | Le Franco, le 28 octobre 2004 ]
Une des stations de radio implantées depuis le plus longtemps à  Edmonton, CJSR, qui émet depuis le campus principal de
l’Université, est devenue, au fil des ans, synonyme de diversité, Le 88,5 FM, ou comme certains aiment à   l’appeler,
la station «la plus à   gauche de la bande FM », accueille également, pour une deuxième saison, une emission laquo; en
marge, en parallèle&taquo;, et entièrement en français, Fourre-Tout. «Écouter autre chose» (de la musique alternative)
et «donner le gout de la radio» (à   ceux qui la font ou qui l’écoutent), tels sont deux des mandats de l’émission,
explique sa productrice, Chantal Londji Dang. En fait, l’aventure a débuté il y a quelques années déjà   avec une
emission de musique alternative africaine, que Mme Londji Dang co-animait d’ailleurs, toujours sur les ondes de CJSR.
Cependant, le format ne lui plaisait pas, non plus que les 30 minutes de français, auxquelles succédaient une
demi-heure d’anglais. Après quelques temps, une nouvelle formule est donc trouvée, qui correspond encore au mandat de
la radio universitaire, et un créneau-horaire se présente, qui «garantit une heure [d’antenne] et de musique
alternative» - le tout en français. Il ne s’agit pas, précise Mme Londji Dang, d’une «émission de discussion»,
mais de «divertissement avant tout».Afin de «rendre l’émission originale», celle-ci ne bénficie pas seulement des
services d’un seul animateur, mais de plusieurs, généralement en alternance de semaine en semaine - présentement, un
garçon (Gilbert Goulet) et une fille (Céline Garreau-Brennan), qui viennent tout juste de se joindre à   l’équipe. Ces
animateurs sont généralement jeunes et chacun, depuis les débuts de l’émission, apporte un «style», un accent
particulier. Ces candidats, bénévoles bien évidemment, suivent d’ailleurs, avant peur priemer direct, une formation
axée sur la prononciation, la respiration ou encore le fonctionnement de la console. Ce sont d’abord des «gens qui
aiment la musique» et qui sont attirés par l’originalité de CJSR, déclare Chantal Londji Dang. L’expérience peut leur
apprendre à   communiquer cette passion, à   mieux connaà àître l’industrie musicale. Ainsi, les DJ amateurs effectuent un
certain nombre d’heures de recherche, peuvent approcher les distributeurs. Et la musique qui passe en ondes est aussi
celle qui a donné son nom à   l’émission : un peu de tout - rap, rock, folklore, canadien, européen ou encore africain,
bref, ce qui ne tourne pas forcément dans les «radios commerciales», Et Fouure-Tout assume également sa différence en
revà àêtant un autre mandat, souligne Mme Londji Dang, «à àêtre au service de la communauté» : quand l’occasion se présente,
l’animateur ou l’animatrice annonce quelques activités socio-culturelles d’organismes francophones à   but non lucratifs.
Certes, le créneau (dimanche matin à   8h) pendant lequel l’émission est diffusée n’est peut-à àêtre pas des plus propices,
mais on a déjà   reçu des commentaires positifs de certains auditeurs, que ce soit sur le contenu ou le concept mà àême de
Fourre-Tout. Sa productrice peut donc envisager plusieurs projets d’avenir, avec, pourquoi pas, un changement d’horaire
qui permettra sans doute d’élargir cet auditoire.